Les enfants dyspraxiques souffrent pour la plupart de troubles de l'organisation du regard et de la structuration spatiale, troubles qui sont à l'origine de leurs difficultés en arithmétique et en géométrie A chaque fois , nous verrons pourquoi ils éprouvent des difficultés et comment nous pouvons les aider.

Difficultés en numération :

Dénombrer une collection d'objets nécessite de coordonner plusieurs actions :

  • Parcourir des yeux la collection : chaque élément l'un après l'autre.
  • Pointer avec le doigt chaque objet une fois et une seule, sans en oublier ou le pointer plusieurs fois.
  • Réciter oralement la comptine numérique.

Les enfants n'arrivent pas à gérer ces tâches simultanément et ne peuvent compter d'une façon fiable des collections.Ce qui risque de compromettre leur conception du nombre.

Que faire pour les aider ?

  • pour les faire compter, c'est intéressant d'utiliser des jetons ou des objets déplaçables (plutôt que de compter des objets dessinés sur le papier), mais il faut trouver des astuces pour faciliter les manipulations autrement ils en oublient ou comptent 2 fois le même objet. On peut par exemple : mettre les objets comptés dans une boîte, les placer sous forme de constellation du dé (domino).On peut utiliser une abaque ou un boulier du type abacco 20.
  • Il faut les entraîiner à percevoir globalement les petites collections disposées comme les constellations du dé (ou groupées de façon à faire apparaître les décompositions : 5 points et 4 points, 6 points et 4 points).

On peut utiliser «l'album à calculer de R.Brissiaud» chez RETZ :

On apprend les différentes décompositions des nombres jusqu'à 7.

Par exemple : pour l'histoire des 4 souris : sur la page de gauche, il y a quatre souris dans un fromage qui a quatre trous (les trous sont disposées comme sur le dé), sur la page de droite, le sol est vide.

Sur les pages suivantes, 2 souris sont parties par terre et il en reste 2 dans le fromage (l'enfant apprend que 2 et 2 souris çà fait 4 souris, que 3 et 1 souris çà fait 4 ...) il y a un système de rabas pour cacher soit la page de gauche ou de droite.

L'enfant peut également feuilleter l'album seul.

  • Il faut développer l'apprentissage du calcul mental et de ses régles.
  • Il faut s'appuyer sur la file numérique pour travailler les notions d'ajout et de retrait de petites collections.
  • Par ex : Fabriquer une grande file numérique (d'abord jusqu'à 10) en carton :
    • On peut utiliser un dé avec 2 faces 0, 2 faces 1, 2 faces 2, choisir 2 figurines Pokémon™ ou autres. Le premier qui arrive sur le 10 gagne.
    • On peut partir de 10 et descendre.
    • Si on utilise un dé normal, on travaille les compléments à 10.
    • On peut ensuite travailler le passage de la dizaine.
    • Et les calculs de 10 à 20 en rajoutant la suite de la file numérique, etc..
  • Il faut utiliser les faits numériques. L'enfant ne calcule pas, il apprend par coeur : les résultats des tables, les doubles puis partir des doubles pour apprendre les autres faits numériques.
  • Il faut utiliser du matériel qui favorise l'accés au calcul mental, éviter le recours au matériel à manipuler et à dénombrer :
  • La boite de Picbille®.
  • Les réglettes Brissiaud.
  • Les réglettes en couleur cuisenaire.
  • La balance à compter (chez Celda).
  • Le boulier Abacco 20. 

Les troubles de l'organisation du regard peuvent entraîner une dyscalculie spatiale : difficulté pour poser et résoudre les opérations, pour tout ce qui est symétrie, mesures (difficultés à accomplir un geste complexe), et également en géométrie.


La pose et la résolution des opérations sont rendues difficiles par la nécessité de produire un algorithme spatial :

  • Ecriture des nombres (de droite à gauche, mais lecture de gauche à droite).
  • Alignement en colonne des unités, dizaines, centaines, positionnement des retenues...
    • on peut utiliser des tableaux et des couleurs pour aider à poser les opérations.
    • on peut proposer des logiciels informatiques réalisant la pose des opérations (surtout pour visualiser le reste dans les divisions).
    • on peut leur faire écrire les opérations en ligne ou ne pas les écrire du tout, favorisant ainsi le calcul mental.
    • on peut permettre l'utilisation précoce d'une calculette.

Les tableaux à double entrée, le repérage de points comme intersection de lignes/colonnes et l'ensemble des représentations graphiques sont d'accès difficiles du fait des troubles d'organisation spatiale (et non pour des raisons conceptuelles).

L'accés à la géométrie est très difficile.

  • L'utilisation d'outils tels la régle, le compas, le rapporteur, l'équerre est très compromise.
  • Ils ne peuvent réaliser, copier des figures géométriques.
  • Il faut donc privilégier l'utilisation de logiciels spécialisés (cabri géomètre par exemple) pour permettre l'accés à certaines notions.

Pour la résolution de problèmes :

  • Il faut veiller à ce que la présentation (image, schéma...) ne soit pas une gêne.Il faut favoriser la formalisation du problème : par la verbalisation ...
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