Les enfants dyspraxiques ont généralement une très bonne conscience phonologique et phonémique (surtout si cette compétence a été travaillé dès la maternelle). Ce qui va leur permettre d'apprendre à lire normalement en CP.
Cependant les enfants souffrant de dyspraxie visuo-spatiale( du fait de leurs problèmes d'organisation du regard) vont être gênés : pour accéder à la lecture « courante », pour la lecture de textes (difficultés à retrouver les informations)

Les difficultés possibles

  • La plupart des méthodes de lecture au CP sont à départ global : pour pouvoir rapidement lire des petits textes, les enfants apprennent à reconnaître globalement des mots (en les photographiant) et à mémoriser leur correspondance orale.
  • Les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux ne pourront mémoriser les mots globalement, on utilisera peu la méthode globale sauf pour les mots outils : dans, sur, avec, sous, et , est ...et les. mots courts : il, elle, son, vous, petit ...
  • Les enfants risquent de stagner à un stade de déchiffrage plus ou moins efficace et laborieux.
  • Ils sont très vite fatigués et ne peuvent plus se concentrer car, ils confondent les lettres:Ils butent sur les sons complexes : ex : ou, oi, ouin, ain,...
  • A cause de leurs formes : h/n/r  f/t.
  • De leurs orientations : p/q d/b.
  • Selon la lettre qui précède ou suit.
  • Selon le type de police utilisée.
  • Si il s'agit d'écriture cursive (liée) ils ont du mal à séparer les lettres. Ils lisent na au lieu de an, ils voient ou au lieu de on; Ils ont du mal à découper le mot en syllabes alors qu'ils n'ont aucun problème à l'oral.
  • Ils oublient des mots ou des lignes.

Comment faciliter la lecture ?

  • En adaptant les textes (selon les besoins de l'enfant).
  • En utilisant l'ordinateur pour préparer les textes de lecture.
  • En préfèrant l'écriture script : toujours la même police de caractères (éviter les textes écrits à la main en cursive).
  • En agrandissantr les caractères et les espaces entre les mots.
  • En utilisant des interlignes plus grands.
  • En rajoutant des repères colorés.
  • En marquant le début de la ligne d'un point vert et la fin de la ligne d'un point rouge, ou mettre un trait vert dans la colonne de gauche.
  • En surlignant chaque ligne avec des fluos de couleurs différentes mais toujours en suivant la même séquence de couleurs pour que l'enfant puisse savoir où il est.
  • En entraînant l'enfant à suivre avec le doigt, mettre le doigt aprés chaque mot à lire. En utilisant un cache pour séparer les syllabes (pendant l'apprentissage) délimiter le mot, la ligne.
  • En plaçant la feuille à la verticale sur un lutrin.
  • En vérifiant que l'enfant n'a pas un champ de vision restreint (faire un bilan orthoptique).

L'apprentissage de la lecture

Quelles sont les méthodes d'apprentissages les plus adaptées aux enfants souffrant de dyspraxie visuo-spatiale?

Quels principes pédagogiques adoptés pour faciliter l'apprentissage de la lecture ? Dés la maternelle favoriser l'éveil de la conscience phonémique et phonologique chez l'enfant dyspraxique. Puis adopter une méthode de type syllabique pour qu'il comprenne "le principe de la lecture ". Ensuite chercher à améliorer la fluidité de la lecture en automatisant la lecture des syllabes et en utilisant l'opposition syllabique en couleur : méthode d'imprégnation syllabique.

Au préalable en grande section :

  • Faire acquérir une bonne conscience phonémique.
  • Par exemple, en jouant avec « la méthode de la planète des Alphas», l'enfant apprend les sons et leur correspondance en lettre (écriture imprimerie, script, cursive).
  • Faire également travailler la conscience phonologique, par example, savoir séparer les mots en syllabes (en évitant de taper dans les mains, de compter sur les doigts), pouvoir supprimer une syllabe, percevoir les rimes...

Puis favoriser la voie analytique : déchiffrage du mot syllabe aprés syllabe

Il apprend les correspondances entre les phonémes et les graphèmes. Puis, comment déchiffer les syllabes : ( f et a = fa, ne pas prononcer f mais fffff); Il faut alors s'appuyer sur la verbalisation pour l'aider à mémoriser : les relations graphèmes-phonèmes, la fusion syllabique, l'orthographe d'usage.

Bien que l'enfant ait compris le systéme de l'assemblage syllabique, il perd du temps à différencier certaines lettres : la lettre t ou f, il ne perçoit pas immédiatement les digraphes(ou,on, an...) par ex pour lire poule, il commence à lire po et ne voit pas immédiatement le« ou ». De ce fait son déchiffrage est hésitant et va gêner le stockage à court terme des mots. Quand il arrive à la fin de la phrase, il ne sait plus ce qu'il a lu.

On cherche à automatiser la lecture des syllabes : l'enfant est entrainé à percevoir directement la syllabe en tant qu'entité :

  • On lui montre des étiquettes avec les syllabes par ex : fou, rou, sou, cou, gou, jou, tou, ...
  • Lui faire lire directement les syllabes sur l'écran de l'ordinateur : « lecture flash »,
  • Proposer des tableaux de syllabes non-sémantisées. Voir la progression conçue par Dominique Garnier-Lasek,

On favorise la reconnaissance et la mémorisation des sons di-graphes et tri-graphes, en leur attribuant une couleur. On entoure avec un feutre les groupes di ou tri-graphes jusqu'à ce qu'ils soient mémorisés.

On utilise «L'opposition syllabique en couleur» :

Pour aider à percevoir les syllabes dans un mot, on utilise 2 couleurs pour écrire les syllabes : par ex la première syllabe en bleue, puis la suivante en rouge : « opposition syllabique en couleur » Au début, lettres muettes sont colorées en gris. Les mots outils ou très connus sont laissés en noir.

Les difficultés rencontrées par l'enfant DVS lors de la lecture de textes

L'enfant atteint de dyspraxie visuo-spatiale va avoir du mal à rentrer dans la lecture de textes. Que faire pour l'aider ?

Quand on lui propose de lire des textes :

  • Il ne peut répondre aux questions posées, donnant l'impression qu'il ne comprend pas ce qu'il lit,
  • Il est très lent pour retrouver une information dont il a besoin (dans ses cours, dans un livre , dans un texte).

Que faire pour l'aider ?

  • Lui lire les textes, chaque fois que c'est possible et le faire travailler à l'oral,
  • Lui lire les questions avant la lecture du texte, pour qu'il puisse repérer et surligner de couleurs différentes les extraits correspondant à chaque question,
  • La présentation est très importante :
    • proposer un exercice par page si nécessaire agrandi en A3,
    • choisir une typographie et présentation simples, structurées et prévisibles,
    • pas de mise en page « insolite » l'enfant s'y perd,
    • pas de photocopies de mauvaise qualité.

Ces enfants n'aiment pas lire car cela leur demande beaucoup d'efforts on peut donc :

  • leur faire la lecture,leur proposer des livres adaptés (interlignes plus grand , caractères plus gros Leur proposer des cassettes livres(ex: j'aime lire), des livres sur ordinateur(évite de tourner les pages), Leur montrer des vidéos adaptées car ils apprennent essentiellement en écoutant et en observant,

Enfin chercher à automatiser la lecture grâce à la méthode par imprégnation syllabique,

  • Insister pour que l'écrit précède la lecture : il doit pouvoir « écrire » les sons, les syllabes avant de pouvoir les lire. Le jeu des Alphas facilite cet apprentissage car il permet de comprendre facilement la fusion syllabique et d'apprendre rapidement comment écrire les syllabes (en utilisant le jeu de carte des alphas), prévoir des dictées de syllabes, de mots :
  • Soit directement sur l'ordinateur en utilisant le logiciel PICTOP 2 , logiciel avec un retour vocal qui permet de faciliter l'accés à l'autonomie.
  • Soit en utilisant des lettres magnétiques script (matériel CELDA) que l'enfant dispose sur une ardoise magnétique (j'utilise l'ardoise longue avec un encadrement en bois, ce qui facilite le placement des lettres). C'est pratique car les lettres ne tombent plus, on peut les préparer ensemble à l'avance dans le haut de l'ardoise, séparer les voyelles et les consonnes. Il est intéressant que l'enfant puisse manipuler les lettres car il prend conscience : soit en utilisant des étiquettes de syllabes mobiles pour reconstituer des mots,
    • de l'importance de l'orientation : un b tourné vers le bas deviens un q, idem pour le p et le d, le u et le n,
    • mais aussi qu'il faut laisser un espace entre les groupes de lettres qui constituent des mots,
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