Notre fille de 7 ans est née avec 1 mois d’avance mais sans grosse difficulté si ce n’est qu’elle n’arrivait pas à téter et qu’elle avait un petit poids à la naissance. Elle a marché à 10 mois ½, a mangé à table et a été propre (jour et nuit) de bonne heure. C’était une enfant dynamique et indépendante. Jusqu’à son entrée en maternelle qui s’est très bien déroulée elle n’a jamais été malade (elle était gardée par une nourrice).

A ce moment là, elle a tout « attrapé » et n’a pas eu une scolarité régulière.

En grande section de maternelle, son institutrice s’est rendue compte de certaines difficultés qui avaient été mises sur le compte de ses absences répétées (difficultés en graphisme, motricité fine, problèmes de repérage dans le temps et dans l’espace, manque d’attention) par contre bonne maîtrise du langage, vocabulaire riche et bonne compréhension générale.

Nous avons donc consulté une orthophoniste qui nous a dirigés sur une psychomotricienne.

En attendant un rendez-vous pris à l’hôpital dans le service de rééducation neurologique infantile, nous avons commencé une rééducation en psychomotricité en mars 2002.

Notre fille est entrée en CP (sa rentrée s’est bien passée) mais elle s’est vite retrouvée confrontée à des problèmes d’écriture, de logique, de concentration, de repérage au niveau des cahiers et du cahier de texte (je trouve que c’est une hérésie de demander à des enfants qui sortent de grande section de maternelle et qui ne savent écrire que leur prénom de copier des devoirs dans un cahier de texte….). Pour son enseignant, notre fille était intelligente mais paresseuse et dissipée, elle ne voulait pas faire d’effort, ne pensait qu’à jouer. Nous ne comprenions pas la réaction de l’enseignant malgré les démarches que nous avions faites pour lui expliquer les difficultés de notre enfant via un compte rendu de la psychomotricienne.

Le premier rendez vous en novembre 2002 est arrivé, avec des tests où le diagnostic n’a pas clairement été posé.

Les difficultés rencontrées par notre fille nous ont été confirmées et il nous a été demandé de continuer la psychomotricité tout en mettant en place un suivi sur le plan psychologique car notre enfant était en souffrance (ce qui a été fait en janvier 2003).

Les mois ont passé avec toujours aussi peu de compréhension au niveau de l’équipe enseignante.

Un deuxième rendez vous à l’hôpital en février 2003 a mis en évidence la dyspraxie de notre fille.

Une demande de prise en charge à 100 % et une demande d’AES (pour compenser les frais engagés pour la psychomotricité) ont été faites. Parallèlement, nous avions essayé de mettre en place une équipe éducative mais sans grand résultat ; nous avions l’impression de nous battre contre des moulins à vent.

Pendant ce temps, notre fille allait de plus en plus mal, elle ne voulait plus aller à l’école, avait peur du regard des autres, peur de ne pas savoir faire, peur de ne pas comprendre, peur d’être punie, peur des moqueries…. Elle s’est complètement repliée sur elle-même, elle a perdu toute confiance en elle et s’est raccrochée à sa maman. Elle a alors été mise sous anxiolytique qui l’aidait à affronter l’école mais l’endormait complètement, elle n’avait plus aucune réaction et restait calme en classe. Il n’y avait plus de pleurs… Nous avons continué la rééducation en psychomotricité et le suivi psychologique.

Nous avons préparé notre enfant à son passage en CE1 qui malheureusement, comme nous le redoutions, ne s’est pas bien passé.

A notre demande, une équipe éducative a eu lieu en octobre de cette année. Une partie des interlocuteurs a changé (Enseignant, Directeur, Médecin scolaire). Nous avons constaté une réelle volonté de comprendre les difficultés de notre fille et de l’aider par des adaptations décidées en collaboration avec la psychomotricienne et l’équipe enseignante. De plus, elle bénéficie pour ce premier trimestre scolaire du soutien du Rased.

Nous avons pris conscience que ce handicap est totalement méconnu du personnel enseignant mais également très peu connu des médecins scolaires et qu’il y a un travail colossal à faire à tous ces niveaux.

Notre fille continue sa rééducation en psychomotricité (une séance par semaine) et son suivi par le pédopsychiatre (une séance par semaine). Elle pleure chaque matin au moment d’aller à l’école. Elle très angoissée et à chaque coupure scolaire la reprise est d’autant plus difficile et douloureuse.

Elle qui était très indépendante et respirait la joie de vivre est maintenant très angoissée par tout de qui sort de son quotidien et tout ce qui est nouveau.

Il y a une réelle souffrance…

Notre enfant va subir des nouveaux tests au mois de novembre et décembre 2003 pour faire le point sur l’évolution de la situation. Une nouvelle équipe éducative devrait alors avoir lieu en janvier ou février 2004. »

Eva

0
0
0
s2smodern