Pour pouvoir réaliser un geste, nous devons gérer la coordination de plusieurs facteurs : notre posture, la modulation de la contraction et de la décontraction des muscles concernés, le contrôle de la directionalité, de l'amplitude, de la force ...

Ex : Quand vous prenez une bouteille d'eau, vous voyez qu'elle est plus ou moins pleine, vous allez automatiquement ajuster votre geste pour la soulever en fonction de sa masse, puis pour verser vous allez aussi prendre en compte la hauteur du verre, sa position sur une table ou dans la main de quelqu'un (c'est d'ailleurs plus difficile si c'est quelqu'un qui tient le verre)

La gestion de la coordination de tous ces aspects temporels et spatiaux est normalement automatisée, chaque geste appris (aprés avoir expérimenté) fait l'objet d'une inscription cérébrale : engrammation sorte de « carte toute prête » qu'il suffit d'activer (en évoquant le geste à faire) pour que l'ensemble des composantes du geste soit réalisé de façon coordonnée, automatique et harmonieuse.

Ex: j'ai observé la façon dont mon bébé vers un an apprenait à se servir d'une cuillère, au début elle n'arrivait pas à remplir la cuillère, le contenu tombait, il fallait que la cuillère soit bien tournée , ensuite il fallait qu'elle contrôle son geste pour porter la cuillère à la bouche.... maintenant à 16 mois, elle utilise la cuillère avec beaucoup de précision , de dextérité et d'aisance. Alors que son grand frère de 7 ans doit en permanence se concentrer pour simplement manger.

Est ce que vous devez réfléchir pour vous coiffer, écrire, conduire, jouer au tennis, faire du ski ?
Vous l'avez fait au début lors de l'apprentissage mais plus maintenant.

Un enfant dyspraxique n'arrive jamais à automatiser ses gestes, et doit alors exécuter une succession de mouvements séquentiels tout en exerçant un contrôle volontaire extrêmement coûteux sur le plan attentionnel. Ce qui entraine chez lui une fatigue anormale, souvent méconnue.
Il va parfois réussir à réaliser un geste mais cela ne sera qu'occasionnel et exceptionnel.
Ce qui peut faire croire que l'enfant fait exprès, qu'il s'oppose et il a droit à la phrase :«Tu vois quand tu veux, tu peux».

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