La dyspraxie c’est quoi?

Qu’est-ce que la dyspraxie ou TDC (trouble développemental de la coordination)?

Il n’y a pas une mais plusieurs dyspraxies.

Ce sont des anomalies de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires.

La réalisation d’un geste résulte de la gestion coordonnée et automatique de nombreux facteurs temporels et spatiaux qui ont fait l’objet d’une pré-programmation cérébrale.

Celle-ci est incomplète, voire inexistante chez les dyspraxiques et le geste ne devient jamais automatique et nécessite toujours un contrôle volontaire extrêmement fatigant.

Dans le cas de la dyspraxie visuo-spatiale, se rajoutent des troubles du regard, de la perception visuelle et de la représentation de l’espace.

Les manifestations les plus courantes

L’enfant dyspraxique conçoit bien les gestes mais n’arrive pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse :

  • Il est maladroit, lent et toutes ses réalisations motrices et graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes…
  • Il a besoin d’aide pour s’habiller et se laver, bien au-delà de l’âge normal et même lors des repas (il ne sait pas couper sa viande et mange « salement »).
  • Il présente un retard graphique important et durable (dysgraphie), ses dessins sont pauvres et il accéde difficilement à l’écriture cursive.
  • Il a du mal à s’organiser dans son travail (préparer son cartable…)
  • Il a du mal à utiliser une régle, une paire de ciseaux, une gomme …

En cas de dyspraxie visuo-spatiale, il éprouvera des difficultés dans toutes les tâches où les composantes spatiales sont importantes : géométrie, géographie, dyscalculie spatiale, lecture (lenteur).

Les troubles souvent associés

  • Il peut avoir un trouble de la coordination motrice globale, il court, saute de façon désordonnée, il tombe, se cogne…
  • Il peut avoir un trouble de l’attention plus ou moins important.
  • Il peut avoir des problèmes au niveau du langage oral, dyspraxie de la parole : il parle tard, il prononce ou articule mal.

Mais c’est un enfant intelligent, curieux et beau parleur qui apprend avec plaisir et efficacité.

Que peut-on faire? 

Mettre en place très tôt des rééducations adaptées :

  • Orthoptie.
  • Ergothérapie.
  • Orthophonie.
  • Psychomotricité.
  • Soutien psychologique.

Il faut surtout que les parents, enseignants et rééducateurs travaillent de concert pour que les aides proposées soient les plus cohérentes et les plus efficaces possibles.

Les signes d’appel

La dyspraxie ou Trouble d’Acquisition de la Coordination touche 4 à 6 % de la population. C’est un handicap invisible.

Maladresse, grandes difficultés dans la manipulation des outils et dans l’écriture, fatigabilité en constituent les signes d’appels principaux. Les conséquences sur la scolarité et l’insertion professionnelle peuvent être importantes. 

Pour toute information sur ce trouble, le parcours diagnostic et les aides à apporter, contactez la Fédération Dyspraxique Mais Fantastique.

Les manifestations de la dyspraxie

L’enfant conçoit bien les gestes mais n’arrive pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse, il montre une grande maladresse et toutes ses réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes.

“Du fait d’une atypie de leur développement neurologique, l’enfant est anormalement maladroit :

  • soit globalement (course, saut, sports ….) = TAC : trouble de l’acquisition de la coordination.” Le déficit essentiel se situe au niveau du mouvement”
  • soit spécifiquement pour certains gestes précis = dyspraxie, en particulier le graphisme (d’où les problèmes scolaires importants) , le découpage, collage, habillage….. Dans ce cas, le trouble du geste s’accompagne souvent d’une dyscalculie spatiale.”

“Ces gestes sont ceux qui nécessitent un enseignement explicite, un apprentissage à partir d’essais, d’erreurs, aprés un entrainement la praxie devrait être construite”

Un enfant dyspraxique n’arrivera pas à inscrire cérébralement certaines praxies correspondant à certains gestes spécifiques en dépit d’un apprentissage habituel ” Ses gestes resteront malhabiles, fluctuants voire ratés et en plus réalisés sous un contrôle attentionnel qui entraîne une grande fatigue.”

Qu’est-ce qu’un enfant dyspraxique?

  • il est maladroit : tout ce qu’il touche: se renverse, se casse, tombe, se déchire.
  • il a besoin d’aide pour s’habiller, pour se laver, s’essuyer….
  • il mange lentement « salement », il n’arrive pas à couper sa viande, ni à éplucher les fruits.
  • il a du mal à retrouver ses affaires, à ranger, à s’organiser, il oublie son cartable……
  • il n’aime pas jouer aux Lego®, aux puzzles, au Mécano® et à tous les jeux de constructions, il a du mal à apprendre et à suivre les régles des jeux (il en invente d’autres…).
  • il a beaucoup de mal à écrire (dysgraphie) ses dessins sont pauvres, souvent qualifiés d’immatures; Il progresse avec le temps mais de façon insuffisante, et ne peut suivre « en écriture » à l’école.
  • il ne peut réaliser les figures attendues en fonction de son âge,
  • il préfère écrire en lettres bâtons (mais ne peut tracer les obliques).
  • il n’accéde que très difficilement à l’écriture cursive ou liée.
  • il est lent, malhabile, le résultat de son travail est peu lisible, grossier, sale, brouillon , chiffonné.
  • il ne peut se servir d’une régle, d’un compas, d’une gomme, d’une paire de ciseaux.
  • il est facilement distrait et a du mal à se concentrer en classe, il oublie les instructions et consignes.
  • il a du mal à envoyer et à attraper un ballon, il lui est difficile de pédaler, il préfère pousser avec les pieds, et ne peut faire de vélo sans stabilisateurs.
  • il a des problèmes de tonus musculaire,ex : il a du mal à fermer les portes…

Les troubles dus au TAC :

  • il court de façon désordonnée, n’arrive pas à coordonner les bras et jambes quand il nage.
  • il a parfois du mal à marcher surtout en terrain accidenté (forêt, montagne, sable..).
  • il se cogne souvent, se prend les pieds dans les obstacles, tombe et a souvent des «bleus ».
  • il descend les escaliers avec difficultés,
  • il saute difficilement, a du mal à s’équilibrer sur un pied : il n’arrive pas à sauter à cloche pied.

Mais :

  • c’est un enfant vif, intelligent, beau parleur, il aime participer aux conversations des grands(quand il n’y a pas de dyspraxie bucco-faciale associée)
  • il adore les récits et histoires, invente des jeux de rôle élaborés, il connaît beaucoup de choses et a une culture générale étendue (il pose sans cesse des questions).
  • il a une excellente mémoire, apprend avec plaisir et efficacité.

La dyspraxie affecte chaque enfant différemment. De ce fait tous les enfants sont uniques et n’éprouvent pas les même difficultés, de plus avec les rééducations et avec le temps leur performances s’améliorent : certains arrivent à écrire, ils s’habillent de plus en plus facilement . Certains n’ont aucun problème de “motricité globale”, font du sport (ski, vélo..) mais auront plus de problémes au niveau “de la motricité fine” ou au niveau des stratégies visuelles.

Certains auront des troubles au niveau de la bouche (oro-bucco-facial):souffler, siffler, mâcher, déglutir, articuler, Il peut continuer à baver.

Il peut avoir des problèmes au niveau du langage oral =dyspraxie de la parole) : il parle tard, il prononce ou articule mal, on le comprend difficilement …

L’enfant parle mal car il a des difficultés à planifier, automatiser les séquences de gestes phonatoires.

Les différentes formes de dyspraxie

  • La dyspraxie constructive concerne les activités où l’on assemble différents éléments :
    • Par exemple dans la vie courante : le bricolage, la couture, la menuiserie.
    • Ce sont également tous les jeux de construction comme les cubes, Lego®, Clippo®, Mécanos®, les puzzles….
  • La dyspraxie constructive visuo-spatiale qui associe : La dyspraxie constructive non visuo-spatiale, on peut alors aider l’enfant avec des modèles, schémas. 
    • un trouble dans l’organisation du geste.
    • un trouble du regard (avec ou sans trouble de la vision) qui se traduit par des difficultés dans l’organisation de la motricité des globes oculaires (l’enfant a du mal à explorer un espace fixe et déterminé à la recherche d’un ou plusieurs éléments, il n’arrive pas à fixer une cible déterminée, ni à suivre une cible mobile).
    • un trouble de la construction de certains composants de la spatialisation (surtout espace à 2 dimensions: la feuille, le tableau …). 
  • La dyspraxie non-constructive qui concerne des troubles de la successivité et de la séquentialité des gestes. 
  • La dyspraxie idéatoire qui correspond à des difficultés d’utilisation et de manipulations d’objets et d’outils ; exemple : utiliser un tournevis, allumer des allumettes. 
  • La dyspraxie idéomotrice: difficultés à réaliser des gestes symboliques et des mimes en l’absence de manipulations d’objet (faire chut, mimer l’action de jouer de la trompette…) imiter les gestes réalisés par un autre.
  • La dyspraxie de l’habillage : difficultés à agencer, orienter ou disposer les vêtements lors de l’habillage (les habits sont enfilés à l’envers) pour se boutonner, utiliser une fermeture éclair, faire ses lacets…).
  • La dyspraxie orofaciale: difficultés pour réaliser des gestes simples ou complexes des organes de la phonation et du visage (langue, lèvres, mimiques) ex: siffler, souffler les bougies, faire des bulles (…), mais aussi déglutir.
  • La dysgraphie dyspraxique: difficultés pour écrire (pas d’automatisation de l’écriture liée).

Différents types de dyspraxie peuvent s’associer, mais peuvent également être associés à d’autres troubles neuropsychologiques :

  • troubles du langage écrit et oral (dysphasie, dyslexie).
  • troubles de la mémoire (mnésique).
  • troubles des fonctions exécutives : fonctions qui planifient l’exécution.
  • troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité

Une dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental dans la catégorie des troubles moteurs, il y a altération du développement de la coordination motrice.

Ces dysfonctionnements neuropsychologiques d’origine peu connue ne peuvent être dépistés que par un diagnostic précis.

Les causes possibles

Des lésions cérébrales plus ou moins localisées (ancien prématuré, IMC, traumatisme crânien, tumeur ou accident vasculaire cérebral. On parle alors de dyspraxie lésionnelle….

Certains enfants n’ayant aucun antécédent pathologique ne construisent pas normalement leurs fonctions praxiques (dysfonctionnement cérébral focalisé) bien que toutes les autres fonctions cérébrales soient normales.On parle de dyspraxie développementale .

Le CIM 10 classifie la dyspraxie en trouble cognitif spécifique des apprentissages et plus exactement en trouble spécifique du développement moteur.
La CIM-11 a été publiée par l’OMS le 18 juin 2018.
La CIM-11 sera présentée à l’Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2019, pour adoption par les États Membres, et entrera en vigueur le 1er janvier 2022.

Il n’y a ni affection médicale générale ni insuffisance d’apprentissage, ni déficit mental, ni causes psychologiques ou sociales.

La dyspraxie expliquée aux enfants

Benjamin (1/2003) : « tu vois j’ai pris du temps mais je suis devenu intelligent ” Être dyspraxique ne veut pas dire que tu n’es pas intelligent. Au contraire beaucoup de dyspraxiques sont très intelligents. Cela implique que tu dois faire plus d’effort que les autres pour faire certaines choses et que cela te prend plus de temps.

Dans notre cerveau arrive plein de sortes de lignes de train qui amènent plein plein d’informations très importantes : sur ce que tu vois, sur ce que tu sens avec ton nez, sur ce que tu goûtes (si c’est sucré, bon, amer..) ce que tu entends, sur ce que tu sens: si c’est froid, chaud, piquant, doux…Ton cerveau est fait de” petites machines” : les neurones qui décodent les informations, puis ensuite d’autres décident ce que tu dois faire. 

Par ex : tu vois une tasse avec un liquide marron : est-ce du chocolat ou le café de maman (beurk), tu sens (ton cerveau décode que cela sent une odeur de chocolat), tu goûtes (ton cerveau décode que c’est bien du chocolat, mais il est froid) tu poses la tasse et tu cherches maman pour qu’elle te la fasse chauffer.

Il y a aussi des lignes qui partent de ton cerveau et qui emmènent des messages et des ordres vers tous les muscles de ton corps. Pour te dire de sentir, puis de goûter le chocolat puis de poser la tasse, et ensuite de partir chercher maman..

En fait, quand tu es dyspraxique quelque chose ne va pas dans ces lignes, elles ne marchent pas bien (peut être que les lignes sont bloquées et les informations ou les messages et les ordres ne peuvent pas passer). Du coup ton corps n’arrive pas à faire ce que ton cerveau lui dit de faire, car il lui manque des informations sur comment le faire.

Par ex : au début un bébé ne sait pas faire grand chose, il doit tout apprendre. Il apprend à manger avec une cuillère. Au début il arrive pas à la tenir comme il faut, il n’arrive pas à la remplir de compote, il la tourne dans le mauvais sens et tout tombe sur la table, après il a encore du mal à la porter à la bouche….mais quand il a répété ses gestes plein de fois il y arrive de mieux en mieux, il est de plus en plus précis. Et il n’a plus besoin de contrôler chaque geste. En fait, son cerveau a enregistré un plan : une recette (comment faire les gestes et dans quel ordre ) Il n’a plus besoin de réfléchir à la manière de faire.

Les enfants dyspraxiques n’arrivent pas à bien à se rappeler des recettes. Ils doivent toujours faire attention. C’est pour cela que tu n’arrives pas à faire 2 choses à la fois. 

La dyspraxie n’est pas une maladie, on ne guérit pas mais on apprend à se débrouiller et à surmonter les difficultés.

C’est un handicap caché, invisible.

Beaucoup plus de garçons que de filles sont affectés.

Partager