Le diagnostic

Qui peut faire le diagnostic ?

  • Un médecin : neuropédiatre, pédiatre, médecin de rééducation,
  • Une équipe pluridisciplinaire (psychomotricien, neuropsychologue, ergothérapeute, orthoptiste neurovisuel, orthophoniste …)

A quelle occasion ?

Cela dépend de l’âge et de l’intensité des troubles , mais le dépistage peut avoir lieu :

  • Lors de bilan systématique dans le cadre de la surveillance de l’évolution d’anciens prématurés, ou lors de séquelles de lésions cérébrales.
  • A l’école maternelle, lors du bilan de GS ou au CP en cas de gros retards surtout graphiques,
  • Lors de redoublements ou d’échec scolaire important.

Les examens nécessaires

Les dyspraxies sont des pathologies encore méconnues et dont les répercussions ne sont pas toujours comprises par tous les professionnels de la santé. Il est donc important de s’adresser à des centres référents (bien que les délais soient longs.)..

  • On peut s’adresser à un neurologue (qui pourra demander une IRM, un EEG … selon les cas).
  • On peut s’adresser à un neuropsychologue pour avoir une évaluation neuro-psychologique et ainsi déterminer le type de dyspraxie en cause.
bilan neuropsy
Source : GENeP, 2004 Service de psychologie
  • Un psychologue fera une évaluation psychométrique WPPSI (avant 6 ans) ou WISC (aprés 6 ans) parfois le Kabc. Ces tests permettent de montrer que:
    • les épreuves nécessitant des compétences practo-spatiales sont pathologiquement échouées.
    • les épreuves qui ne sont ni gestuelles ni spatiales (ex: épreuves verbales, mnésiques, conceptuelles et raisonnementales) sont plutôt bien réussies.

Le psychologue s’il connaît la dyspraxie pourra alors faire ressortir que les difficultés de l’enfant sont dues à des troubles praxiques, et non pas à une déficience mentale ou une immaturité, interprétation qui serait très pénalisante pour l’enfant.

  • Il faut également prévoir un suivi ophtalmologique et orthoptique.

Mais il est difficile de trouver des spécialistes en neuro-vision, la dyspraxie visuo-spatiale “est peu connue” des spécialistes classiques. Peu de services ophtalmologiques pédiatriques hospitaliers sont spécialisés.Pourtant, il faut prendre en compte la dyspraxie visuo-spatiale lors des examens et lors des rééducations pour nystagmus ou strabisme.

  • S’adresser à un médecin de rééducation fonctionnelle qui fera le lien entre les différentes pathologies

Quelques précisions médicales

Pour pouvoir réaliser un geste, nous devons gérer la coordination de plusieurs facteurs : notre posture, la modulation de la contraction et de la décontraction des muscles concernés, le contrôle de la directionalité, de l’amplitude, de la force …

Exemple : Quand vous prenez une bouteille d’eau, vous voyez qu’elle est plus ou moins pleine, vous allez automatiquement ajuster votre geste pour la soulever en fonction de sa masse, puis pour verser vous allez aussi prendre en compte la hauteur du verre, sa position sur une table ou dans la main de quelqu’un (c’est d’ailleurs plus difficile si c’est quelqu’un qui tient le verre)

La gestion de la coordination de tous ces aspects temporels et spatiaux est normalement automatisée, chaque geste appris (aprés avoir expérimenté) fait l’objet d’une inscription cérébrale : engrammation sorte de « carte toute prête » qu’il suffit d’activer (en évoquant le geste à faire) pour que l’ensemble des composantes du geste soit réalisé de façon coordonnée, automatique et harmonieuse.

Exemple : j’ai observé la façon dont mon bébé vers un an apprenait à se servir d’une cuillère, au début elle n’arrivait pas à remplir la cuillère, le contenu tombait, il fallait que la cuillère soit bien tournée , ensuite il fallait qu’elle contrôle son geste pour porter la cuillère à la bouche…. maintenant à 16 mois, elle utilise la cuillère avec beaucoup de précision , de dextérité et d’aisance. Alors que son grand frère de 7 ans doit en permanence se concentrer pour simplement manger.

Est ce que vous devez réfléchir pour vous coiffer, écrire, conduire, jouer au tennis, faire du ski ?
Vous l’avez fait au début lors de l’apprentissage mais plus maintenant.

Une personne dyspraxique n’arrive jamais à automatiser ses gestes, et doit alors exécuter une succession de mouvements séquentiels tout en exerçant un contrôle volontaire extrêmement coûteux sur le plan attentionnel. Ce qui entraine chez elle une fatigue anormale, souvent méconnue.
Elle va parfois réussir à réaliser un geste mais cela ne sera qu’occasionnel et exceptionnel.
Ce qui peut faire croire que l’enfant fait exprès, qu’il s’oppose et il a droit à la phrase :«Tu vois quand tu veux, tu peux».

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